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ANC : Déclaration

ALLIANCE NATIONALE POUR LE CHANGEMENT

DECLARATION

Deux mois après la parodie électorale du 17 avril 2014, l'impasse politique reste entière.

Incapable de prendre la mesure des défis et des périls qui menacent le pays, son unité et sa cohésion, le pouvoir s'enfonce dans un déni total et une fuite en avant en organisant un simulacre de consultations politiques autour de la révision constitutionnelle.

L'ANC qui se veut avant tout un instrument des luttes populaires pour l'instauration de l'état de droit et de la démocratie considère la prochaine révision constitutionnelle comme une nouvelle étape du processus de confiscation du droit du peuple algérien à l'autodétermination individuelle et collective amorcé dès l'indépendance.

Pour l'ANC, une constitution démocratique ne peut être que l'aboutissement d'un processus démocratique transitionnel et doit reposer sur un large consensus populaire.

Une constitution légitime ne peut pas demeurer, comme c'est le cas depuis plus d'un demi-siècle, cet instrument modifiable au gré des rapports de force qui se succèdent au sein du pouvoir.

L'ANC se démarque clairement et catégoriquement de ce nouveau viol politique et appelle les algériens et algériennes à la mobilisation pacifique pour mettre en échec cette logique confiscatoire de leurs droits politiques et historiques.

C'est dans ce cadre que l'ANC, lieu de réflexion et d'action unificatrice, salue toutes les initiatives qui visent à rassembler les forces et personnalités politiques autour de la nécessité d'imposer un changement radical et pacifique.

La rencontre du 10 juin 2014 ayant regroupé des personnalités et des partis aux orientations politiques et idéologiques divergentes est déjà en soi une heureuse initiative.

Les membres fondateurs de l'ANC agissent depuis des années pour établir des passerelles entre les forces politiques représentatives et conclure, à l'image du Contrat national, des accords politiques capables de mettre un terme à la crise multidimensionnelle que vit l'Algérie depuis des décennies.

C'est dans cet esprit que l'ANC salue cette rencontre et se réjouit que certains acteurs politiques aient fini par se rendre à cette évidence que l'exclusion et le sectarisme sont les principales sources de la violence et de la raison d'être du pouvoir occulte.

L'ANC considère néanmoins que la réussite de toute entreprise politique visant le vrai changement dépend de la clarté des objectifs et de la pertinence des réponses apportées aux problèmes auxquels l'Algérie est confrontée.

L'ANC est convaincue que :

  1. seule la mobilisation populaire dans un cadre non-violent contraindra le régime à des concessions politiques fondamentales ;
  2. les questions fondamentales au cœur de la crise politique ne peuvent être évacuées ou sacrifiés sur l'autel d'un accord de façade ou circonstanciel.

Pour l'ANC, la construction d'un consensus politique dynamique exige que soient débattus, sereinement et loin de toute surenchère populiste, la place de la religion dans le respect de la liberté de culte, la nécessité de la séparation du civil et du militaire, la restructuration des services de renseignement et plus globalement les mécanismes de contrôle démocratique des forces armées, la question de l'identité algérienne et de l'urgence stratégique d'un grand ensemble Nord-africain.

A cet effet, la charte de l'ANC adressée en premier lieu aux Algériennes et aux Algériens sera aussi remise prochainement à la Présidence, à l'Etat-major et au DRS ainsi qu'aux participants à la rencontre du 10 juin. L'ANC entend ainsi marquer la nature transparente et déterminée de son action. L'ANC réitère ainsi sa disposition, affirmée dans son appel du 27 avril 2014, à participer à un changement réel à travers une période de transition consensuelle incluant le pouvoir actuel, étant entendu qu'elle s'y investira sans lui s'il persiste dans sa fuite en avant, par la mobilisation pacifique des citoyens.

Alger, le 14 juin 2014

 

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