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Communiqué concernant les derniers discours de Ahmed Gaid Salah

Le peuple algérien s’est habitué aux discours du général Ahmed Gaid Saleh, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’armée Nationale populaire (ANP), discours qui s’apparentent aux discours présidentiels, qu’il prononce chaque mardi de l’intérieur des casernes, en s’adressant non pas seulement aux officiers de l’armée et aux représentants des diverses forces de sécurité, mais également aux forces politiques et à l’ensemble du peuple algérien. Cet acte est en soit, inacceptable, de la part d’un vice-ministre de la Défense qui outrepasse ses prérogatives constitutionnelles, en s’immisçant dans les problèmes politiques du pays, et dont les visites aux différentes casernes du Pays n’est certainement pas le lieu approprié pour y être débattus.

Les discours prononcés ces dernières semaines par le général Ahmed Gaid Saleh se sont distingués par une hausse de ton contre le Harak, et ses symboles, atteignant lors de son dernier discours, prononcé le mardi, 27 août 2019, à l’occasion de sa visite à la deuxième région militaire d’Oran, un seuil critique, proférant des menaces graves à l’encontre du Harak qu’il qualifie d’outil aux mains de la bande (issaba), et de ses acolytes qui gravitent autour d’elle”, en affirmant qu’il serait ” vain de croire que les ambitions de la bande, de ses acolytes et de ceux qui gravitent autour d’elle, vont se réaliser, car l’institution militaire, et nous le réitérons avec insistance, saura faire face avec force et rigueur aux côtés de tous les patriotiques fidèles et loyaux au serment des vaillants chouhada, pour contrecarrer toutes ces parties hostiles”.

Il est à remarquer qu’au moment où le Harak menace d’une escalade non-violente en réponse à la sourde oreille que fait le commandement de l’armée qui exerce la mainmise sur la vie politique du pays, et ne répond pas aux revendications légitimes réitérées depuis plus de six mois dans les rues, nous assistons à une salve de menaces proférées par  le chef d’état-major à l’encontre du peuple algérien, suggérant le recours à la violence.

Ce discours irresponsable du chef d’état-major confirme une fois de plus qu’il n’est du ressort ni des prérogatives de l’armée de s’immiscer dans les affaires politiques de l’état, car à court d’argument politique, elle recoure de facto à la logique de la contrainte par la force, tout en monopolisant les moyens de la violence.

Le Mouvement Rachad met en garde le chef d’état-major contre toute velléité de recours à la répression contre le Harak qui entraînera immanquablement l’Algérie, aussi bien le peuple, l’armée que la Nation, vers des conséquences désastreuses que nul ne peut prédire la gravité, et le tient personnellement pour responsable de tout comportement irresponsable.

L’expérience tragique des années 1990 constitue une leçon qui devrait servir d’exemple et d’avertissement aux concernés, il est à rappeler que lors du coup d’Etat perpétré par le commandement de l’armée contre le choix du peuple, Ahmed Gaid Saleh lui-même constituait un des piliers de ce commandement, ce qui a mené à une guerre implacable contre le peuple, faisant près d’un quart de million de victimes algériens, et dont le pays continue de payer le lourd tribut, des conséquence de cette aventure criminelle.

Le Mouvement Rachad avertit par ailleurs les dirigeants de l’armée et tous les officiers, sous-officiers, soldats et membres du personnel de sécurité que leur implication dans toute politique de répression ou dans l’exécution d’actes illégaux, les exposera personnellement à la responsabilité judiciaire aux niveaux national et international et ne jouiront d’aucune immunité devant la justice, du seul fait de leur recourir à l’argument d ‘”exécution” des ordres du commandement hiérarchique.

Rachad estime également que l’insistance d’Ahmed Gaid Saleh à l’organisation de l’élection présidentielle “dans les prochaines semaines”, tel qu’exprimé dans son discours devant les officiers et les cadres de la deuxième région militaire, le lundi 26 août, une affirmation d’ailleurs irréaliste, indique on ne peut mieux l’état de confusion qui sévit au sein du groupe qui dirige l’état major, sa perte de repères, et suggère même l’existence d’un plan en cours pour la prise du contrôle militaire du pouvoir et empêcher l’instauration de l’état civil tant attendu.

Mouvement Rachad

28 Août 2019