Le Conseil national du Mouvement Rachad a tenu sa session ordinaire début janvier 2026 afin d’examiner les questions d’organisation et d’adopter des plans d’action pour le développement de ses activités.
Les participants ont notamment abordé la situation actuelle en Algérie, les pratiques du pouvoir en place, ainsi que le contexte régional et international tendu qui assombrit l’avenir du pays. En marge de cette réunion, Rachad a également organisé un séminaire sur un nombre de principes fondamentaux de la bonne gouvernance.
Rachad déplore profondément que le régime militaire poursuive sa politique de répression et d’instrumentalisation du système judiciaire pour réduire au silence des citoyens dont le seul tort est de revendiquer l’exercice de leurs droits constitutionnels fondamentaux. L’instrumentalisation politique de l’article 87 bis du Code pénal, qui qualifie de manière extensive les actions légitimes des citoyens d’« actes terroristes » et qui est injustement appliqué à l’encontre de personnalités politiques, de syndicalistes et d’utilisateurs des réseaux sociaux, en est un exemple flagrant.
Cette logique s’applique également à la nouvelle loi algérienne sur la nationalité, que le pouvoir entend brandir comme une épée de Damoclès afin de restreindre davantage les libertés et d’intensifier la répression contre l’opposition politique. L’inconscience du régime actuel, qui considère désormais tout opposant honorable comme un traître à la nation, confirme que l’adoption de telles lois vise à étouffer les voix libres et n’a rien à voir avec les intérêts supérieurs du pays.
Selon Rachad, si l’Etat a le droit et le devoir d’adopter des lois régissant la déchéance de la nationalité de ceux qui se sont rendus coupables de haute trahison ou qui constituent une menace manifeste pour la sécurité et la souveraineté du pays, cela exige le respect de l’Etat de droit et une justice véritablement indépendante, et non une justice soumise au pouvoir exécutif qui condamne des citoyens à cinq ans de prison, voire plus, pour avoir exprimé leur opinion sur les réseaux sociaux.
Cette répression excessive, conjuguée à la détérioration des conditions économiques et sociales, est l’une des principales raisons pour lesquelles des Algériens de tous âges et de toutes classes sociales quittent leur pays en quête d’un avenir meilleur. En novembre 2025, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), agence des Nations unies, indiquait que plus de 54’000 Algériens avaient quitté le pays pour l’Europe entre 2020 et 2024, sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune. Il y a quelques jours à peine, sous la pression internationale, Tebboune a lancé un appel aux jeunes Algériens en situation précaire et irrégulière à l’étranger, leur promettant de régulariser leur situation. Selon Rachad, l’émigration irrégulière est une conséquence inévitable de l’incapacité du pouvoir à garantir un climat de liberté et une vie digne aux citoyens. La solution à ce phénomène ne réside pas dans des appels improvisés, mais dans le respect des citoyens, ainsi que dans la fin de la répression et de l’injustice. Chacun se souvient de la diminution de ce phénomène lors du Hirak, lorsque les citoyens ont repris espoir de vivre dignement dans leur pays.
Concernant la politique étrangère, Rachad déplore le déclin de la diplomatie algérienne, amorcé il y a plusieurs décennies. Ce déclin a récemment engendré des revers importants dans la gestion des crises avec les pays voisins, qui menacent la sécurité nationale, ainsi que dans le positionnement vis-à-vis des causes justes, notamment la cause palestinienne.
L’absence d’une vision claire de l’avenir de l’Algérie, fruit d’un dialogue national approfondi mené par des représentants véritablement élus par le peuple, ainsi que d’une stratégie de sécurité nationale élaborée par des gouvernements jouissant d’une légitimité électorale et populaire, entrave toute action diplomatique efficace et proactive permettant d’identifier et de neutraliser les risques et les menaces que certains pays font peser sur la sécurité et l’intégrité du territoire national. Il suffit de constater l’improvisation répétée et la piètre posture des médias officiels, sans qu’aucune mesure efficace ne soit prise pour défendre les intérêts supérieurs de l’Algérie et dissuader ceux qui les menacent. Comment interpréter, par exemple, les réactions théâtrales d’Abdelmadjid Tebboune face aux Émirats arabes unis, alors que ce pays continue de gérer les principaux ports algériens ?
Pour toutes ces raisons, Rachad considère que la cacophonie actuelle du pouvoir et ses pratiques irresponsables constituent une menace grave pour la sécurité de l’Algérie, ses intérêts supérieurs, ainsi que pour la cohésion sociale, la croissance économique et le progrès civilisationnel.
Enfin, Rachad réaffirme ses objectifs et ses principes inébranlables : œuvrer à l’édification d’un Etat de droit et de bonne gouvernance, ainsi qu’à la civilianisation de l’Etat par des moyens non violents, dans le respect des intérêts supérieurs et de la souveraineté de l’Etat algérien.
Secrétariat de Rachad | 20 Janvier 2026
