Vision

Rompre les relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis est une décision judicieuse.

Même une horloge endommagée donne l’heure exacte deux fois par jour. La rupture des relations entre l’Algérie et les Émirats arabes unis est l’un de ces rares moments.

Le bilan des Émirats arabes unis sur les dix dernières années parle de lui-même : soutien au coup d’État militaire de 2013 contre la démocratie égyptienne, aide financière massive accordée après le coup d’État au régime militaire de Sissi, financement de partis et de personnalités contre-révolutionnaires en Tunisie ; soutien à Khalifa Haftar et à sa milice, et utilisation de la Libye comme plaque tournante de transit et d’entraînement pour les Forces de soutien rapide (RSF) au Soudan, responsables de génocides (mercenaires, armes, carburant) ; le financement de campagnes militaires et le recours à des mercenaires occidentaux au Yémen, causant la mort de milliers de civils ; la construction de bases militaires et de ports au Somaliland et leur utilisation à des fins logistiques dans le cadre de conflits (soutien aux RSF du Soudan, points d’accès pour Israël, transfert d’or provenant des mines du Darfour vers les marchés de l’or des Émirats arabes unis) ; le financement et l’armement de mercenaires ainsi que la « diplomatie du chéquier » à travers le Sahel ; des campagnes de dénigrement et des opérations de surveillance à l’encontre des musulmans en Europe, ainsi que le financement de divers partis et personnalités d’extrême droite européens ; le soutien au mouvement MAK, sécessionniste et pro-sioniste ;  et – dernier point, mais non des moindres – en complotant contre la résistance palestinienne, en soutenant le régime sioniste et en faisant pression sur les États de la région pour qu’ils normalisent leurs relations avec ce dernier.

Si cette initiative diplomatique du régime algérien était nécessaire, elle devrait aller au-delà des simples mesures à « effet d’annonce » qui sont devenues la rhétorique habituelle du régime pour apaiser la colère de la population et masquer son manque d’actions concrètes (ce qui a encore été constaté lors des incendies meurtriers qui ont récemment frappé le pays). Le régime devrait expliquer pourquoi :

  • DP World, un opérateur mondial de terminaux maritimes détenu par les Émirats arabes unis, détient toujours une concession d’exploitation au port d’Alger, désormais connu sous le nom de DP World Djazair. Ce port traite plus de 60 % du commerce extérieur de l’Algérie ;
  • La société émiratie Aabar Investments détient une participation de 49 % dans une coentreprise avec l’armée algérienne pour l’assemblage de camions et de véhicules militaires Mercedes-Benz en Algérie.

Il s’agit là d’enjeux majeurs pour la sécurité nationale de l’Algérie. Il faut joindre le geste à la parole !